Le cerveau politique

Aujourd’hui, et à l’occasion de la semaine du cerveau, le C@fé des sciences fait entrer le cerveau dans l’arène médiatique, religieuse et politique. C’est sur ce dernier point que je vais axer mon article.

Illustration Alain Prunier – http://alain-prunier.com/blog/

Entre les politiciens de droite et de gauche, c’est souvent la foire d’empoigne ;  leurs points de vue sont quasiment tout le temps divergents. Et c’est pareil dans tous les pays. Une équipe de chercheurs américains s’est intéressée au comportement des républicains et démocrates ; et notamment au fonctionnement de leurs cerveaux lors d’une prise de décision risquée.

Avant de parler des résultats obtenus par ces chercheurs, retour en arrière en science politique. Dans les années 50, des chercheurs ont montré que les enfants avaient la plupart du temps les mêmes préférences politiques que leurs parents. On pouvait ainsi déterminer la préférence politique des enfants, en étudiant celle des parents, dans 70% des cas.

En 2011, une autre étude a montré que républicains et démocrates n’ont pas la même structure de cerveau. En effet les démocrates ont une augmentation du volume de matière grise dans le cortex cingulaire antérieur (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cortex_cingulaire_ant%C3%A9rieur), tandis que les républicains ont une augmentation de matière grise dans l’amygdale (http://fr.wikipedia.org/wiki/Amygdale_%28cerveau%29). Ainsi on peut détecter dans 72% des cas la préférence politique du « détenteur du cerveau » en étudiant sa structure.

L’anatomie du cerveau étant différente entre démocrates et républicains, la question suivante est de savoir si le fonctionnement est lui aussi différent. Selon les chercheurs, « les démocrates acceptent beaucoup plus le risque que les républicains qui sont beaucoup plus conservateurs. (…) considérant ces différences, on peut penser que l’examen du cerveau au cours d’une prise de décision risquée permettrait de comprendre le lien entre les processus mentaux et la préférence politique.»

Ils ont alors mis au point une expérience de prise de décision risquée et étudié le fonctionnement du cerveau des personnes volontaires. L’expérience se déroulait de la sorte : les volontaires étaient assis devant un écran. Sur cet écran apparaissaient dans l’ordre les nombres 20 puis 40 puis 80. A chaque apparition de nombre, la personne analysée devait décider d’appuyer ou non sur le bouton pour gagner 20, 40 ou 80 centimes. Si le chiffre était noir, il gagnait la somme indiquée, par contre si le chiffre suivant apparaissait en rouge, il perdait cette somme. Le 20 apparait toujours en noir, si la personne volontaire appuyait sur le bouton, elle gagnait 20 centimes. Si elle attendait de voir le 40 et que le 40 sortait rouge, elle perdait alors 40 centimes. Si il sortait noir, elle pouvait décider d’appuyer pour gagner 40 centimes ou d’attendre pour tenter le 80. Et ainsi de suite.

Après analyse des résultats, leur hypothèse a été confirmée : lors d’une prise de décision, l’insula va s’activer de manière plus importante chez les démocrates tandis que l’amygdale va être plus fortement activée chez les républicains. Ces 2 parties du cerveau sont impliquées dans la gestion de l’émotion. Grâce à ces différences de fonctionnement, les chercheurs peuvent détecter la préférence politique dans 83% des cas.

Le cerveau des démocrates ou des républicains s’activent différemment lors d’une prise de décision

Maintenant il reste à savoir si la différence anatomique et la différence du fonctionnement du cerveau sont la cause ou la conséquence de l’affiliation politique. Est-ce que mon cerveau fonctionne comme ça car je suis démocrate ou est ce que c’est parce que je suis républicain que mon cerveau est beaucoup plus développé au niveau de l’amygdale ? Telle est la question.

 

Sources :

– article sur fonctionnement du cerveau : http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0052970

– article sur structure du cerveau : http://www.cell.com/current-biology/abstract/S0960-9822%2811%2900289-2

2 comments for “Le cerveau politique

  1. 15/03/2013 at 11:37

    Ce serait plus pratique de nommer, voire sourcer l’étude en question : http://www.cell.com/current-biology/abstract/S0960-9822%2811%2900289-2

  2. vincent
    15/03/2013 at 13:20

    Oups désolé j’ai oublié mes sources. Je les rajoute sur l’article.

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