L’histoire de l’ADN : dossier Podcast Science

Depuis l’Antiquité, les philosophes et scientifiques se posent des questions sur l’hérédité. Ainsi, le médecin grec Claude Galien, qui vécut entre 130 et 201, rapporta dans ses écrits des témoignages dans lesquels se trouve notamment celui d’une femme blanche qui dit à son mari blanc lui aussi avoir accouché d’un métis à cause du portrait d’un éthiopien qui était accroché au dessus de leur lit et qu’elle aurait regardé au moment décisif.

Quelques années auparavant, Aristote émettait les premières hypothèses sur l’hérédité. Pour lui, la transmission parent-enfant est bien réelle mais sa théorie est encore quelque peu éloignée de la réalité. Selon Aristote : « De parents mutilés naissent des enfants mutilés, par exemple de boiteux naissent des boiteux, d’aveugles des aveugles ». Cependant il considère que seul l’homme possède des caractères héréditaires tandis que la femme possède uniquement une fonction nourricière.

Il a fallu attendre quelques siècles avant de vraiment commencer à percer les mystères de l’hérédité et c’est au 19ème siècle que nous allons commencer l’aventure de l’ADN.

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Voyage au sein du corps : Le travail

Cela fait plusieurs jours, voire plusieurs mois que je n’ai pas alimenté mon blog. Pour l’occasion, je reviens avec un petit texte de ma composition, illustré par Marc Goncalves. Bonne lecture.

« J’aime mon travail. Oui c’est vrai c’est un travail à la chaîne, dans une usine bruyante  mais chaleureuse. Cela fait 42 ans que je travaille au même endroit, et j’aime mon travail. Mais depuis quelques temps j’ai une impression étrange. Cela fait plusieurs jours que nous n’avons pas reçu d’ordre de la direction. Je commence à m’inquiéter. Quelque chose doit aller de travers. Est-ce qu’on va être forcées d’arrêter notre travail ? Il paraît que c’est la crise en ce moment…et cela ne m’étonnerait même pas que l’on soit mis au chômage technique. Pourtant on fait bien notre métier, mes collègues et moi. On a toujours été bien synchronisées et jamais, non jamais, nous n’avons eu une défaillance dans le travail à la chaîne.

Que se passe-t-il ? Je me souviens du dernier ordre reçu de la part de notre chef. On devait augmenter le rythme de travail. De plus en plus vite. Tellement vite qu’il y a eu une explosion. On a tellement eu peur que quelqu’un a enclenché le système d’arrêt d’urgence…Plus personne ne travaillait dans l’usine. Cela a duré plusieurs secondes voire minutes. Puis d’un coup il y a eu un dysfonctionnement électrique. Puis un deuxième. Le système d’arrêt a été déconnecté. La machinerie s’est relancée. Nous nous sommes remises à travailler. Et à partir de ce moment, cela n’a plus été comme avant ; c’était beaucoup plus mécanique, jamais un seul changement de variation dans le rythme de travail. Je me souviens qu’avant, l’humeur de notre chef retombait sur nous, les ouvrières. Si jamais le patron était stressé, souvent à cause de mauvais résultats financiers, nous devions augmenter la cadence. Par contre quand il était serein, il nous laissait prendre notre temps. Ah ce temps, c’était le bon temps.

Il y a un bruit bizarre depuis quelques jours. Un bruit très lent qui rythme notre travail. Clac……Clac…..Clac. Je pense que quelque chose ne fonctionne pas bien dans l’usine. Quelque chose a dû être déréglée par cette grosse explosion. Il paraît que dans l’usine d’à côté, l’air a changé. On m’a dit qu’il y a comme une odeur de javel, de renfermé…mais tout comme nous ils continuent leur travail mécaniquement même si notre chef a disparu.

Tiens c’est bizarre j’entends quelque chose. Des voix. Ah ça y est je sais ce qui s’est passé. J’ai compris. Je vais vous raconter….Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiippppppppppppppp

A l’extérieur du corps, le médecin venait de débrancher le patient, en mort cérébrale depuis quelques jours après une crise cardiaque. Le cœur s’est alors arrêté de fonctionner. »

Le travail

Dessin Marc Goncalves

Soirées vulgarisation scientifique à Lyon

Une fois n’est pas coutume je vais faire un peu de pub pour 2 événements de vulgarisation scientifique se déroulant sur Lyon.

Le premier aura lieu le 5 juin de 19h à 22h à la salle Molière. Il sera organisé par mon labo et le LabEx Cortex.

Les conférences seront traduites en langage des signes pour les personnes sourdes et malentendantes.

Le deuxième événement est organisé par Podcast Science, le C@fé des Sciences et StripScience. Il aura lieu le samedi 15 juin à partir de 17h30 au café de la cloche à Lyon 2ème. L’événement intitulé : « Une expérience presque parfaite » sera un live public de l’émission de communication scientifique Podcast Science (www.podcastscience.fm ), illustrée en temps réel par les dessinateurs du collectif Strip Science (http://stripscience.cafe-sciences.org/ ). Au menu: science et cuisine. Nous parlerons entre autres de la chimie de la cuisine, de l’alimentation dans le règne animal, d’aliments strange et funky, des hamburgers qui ne moisissent pas, de steaks de cellules souches (ce dernier sujet sera traité par votre humble serviteur…)…

Si vous aimez la science, n’hésitez pas à venir profiter de ces 2 magnifiques soirées en perspective !

 

Pourquoi je kiffe la science ?

Pourquoi je kiffe la science ? Cette question a d’abord été posée par un membre du C@fé qui a fait de nombreux émules au sein de notre communauté de blogueurs (vous pouvez retrouver l’intégralité des articles ici : http://www.sirtin.fr/2013/05/07/cest-le-debut-dune-longue-chaine/). A mon tour d’y répondre.

C’est vrai qu’en y réfléchissant, c’est une question très intéressante. Pourquoi je kiffe la science ? Pourquoi je me suis lancé dans des études universitaires de biologie ? Pourquoi faire une thèse ? Est-ce juste le fait d’avoir suivi le cours de la rivière scolaire et étudiante tranquillement installé sur une barque confortable ? ou est-ce vraiment une passion ?

Comme beaucoup de blogueurs membres du C@fé, cette passion scientifique remonte à loin. Petit déjà, je voulais trouver le remède contre le virus du SIDA. Je m’imaginais Prix Nobel, et voulais guérir toutes les maladies du monde. Ma mère étant généticienne, je me suis intéressé très tôt à la génétique et à la biologie en général. Malheureusement, au collège et lycée je n’étais pas si bon que ça en SVT. Peut être est ce dû à un bête apprentissage scolaire qui ne laisse pas beaucoup de place à la réflexion? Je me suis toujours demandé à quoi servait les dissert’ de 8-10 pages qu’on devait rendre sur un sujet en bio et je commençais à me dire que la science était en fait une somme de notions qu’on ne peut pas remettre en cause (ARGH !). J’avais une mémoire de poisson rouge et du coup mes notes n’étaient pas fameuses (autour de la moyenne). Et à vrai dire tout cela commençait à freiner ma volonté scientifique. Néanmoins, j’appris quelques trucs très intéressants qui m’ont permis de garder une petite flamme en moi (Etant daltonien, quand j’ai compris le mécanisme de transmission de la « maladie » par le chromosome X, j’étais aux anges).

Après le bac (S avec mention), je ne savais pas trop quoi faire. J’étais jeune (16 ans) et perdu… Ecole d’ingé ? non pas assez bon dossier. IUT ? J’ai tenté mais j’ai eu plusieurs lettres de refus. Et là il était déjà bien tard pour les inscriptions et je n’avais plus le choix. Il fallait que j’aille en fac malgré tout le mal que m’en disait ma conseillère d’orientation. J’ai choisi médecine, comme ça…sans trop savoir dans quoi je me lançais. Et là ce fut 2 années galères mais qui m’ont bien servi quand même. Je me suis rendu compte que j’avais vraiment une mémoire de disquette et que l’unique matière dans laquelle je réussissais à avoir de très bonnes notes était la seule où il fallait réfléchir et analyser des résultats. Après mes 2 échecs, j’ai eu néanmoins l’équivalence pour rentrer en 2ème année de bio à Lyon I. Et franchement, ceux qui disent que la fac n’est pas une bonne formation, j’aimerai bien qu’ils viennent assister à quelques cours…J’ai appris énormément de choses, ma curiosité était en partie rassasiée par des cours magistraux très intéressants où la réflexion était mise en avant. Bon j’avais mes préférences à vrai dire (je crois que la dissection d’une pomme de pain pour connaître son sexe m’a traumatisé…) et je me suis lancé en génétique et biologie cellulaire. J’ai eu de la chance de pouvoir faire mes stages de master et ma thèse (que je finis en décembre 2013) dans une équipe travaillant sur les cellules souches embryonnaires et sur un sujet passionnant : la mise en évidence et l’étude de la fonction d’un nouveau gène que nous avons découvert au laboratoire. Tous les jours j’ai l’impression d’être Indiana Jones à la recherche du temple perdu…Et c’est ça qui me plaît dans la science ! L’aventure , la découverte, le plaisir d’aller visiter des contrées inexplorées !

Malheureusement, et malgré ce sujet extrêmement intéressant, quelque chose était entrain de s’éteindre au fond de moi…je ne savais pas trop quoi jusqu’à ce que j’ai des formations, dispensées par l’Université de Lyon, au cours de ma thèse. Au cours de ces formations j’ai réalisé (avec 3 autres personnes) un atelier scientifique d’une après midi avec des enfants d’une classe de CE1, sur le thème de l’eau, et j’ai également abordé le concept de boutique de science (dont je parle ici : http://passerelles.hypotheses.org/382). En voyant les yeux des enfants briller en réalisant les différentes expériences proposées et en comprenant l’attente des gens vis-à-vis des scientifiques, j’ai compris que je voulais faire ça ! Vulgariser la science ! Je me suis donc lancé dans la création de mon blog en septembre 2011. J’ai intégré le C@fé des sciences en octobre 2012 et en février 2013, j’ai organisé le lancement du site de vulgarisation pour enfants Kidi’science avec une équipe de blogueurs formidables. J’ai également un projet en préparation avec le Service et Société de Lyon pour le projet Boutique des sciences pour cet été. Tous ces événements m’ont permis de nourrir cette petite flamme de curiosité que je commençais à perdre en m’enfermant dans un sujet, certes passionnant mais trop restreint.

Pour finir ce long paragraphe, oui je la kiffe cette science ! Et j’ai envie de partager cette passion avec le grand public ! J’ai envie d’inciter les laboratoires à s’ouvrir, d’inciter les chercheurs à sortir de leur tour d’ivoire pour que tout le monde puisse dire un jour : « C’est trop cool la science ! ».